Florine Jollivet #entrepreneuriatjeunesse

Publié le :
July 31, 2020
Date de l'évènement :

Rencontre avec Florine JOLLIVET, notre spécialiste en projets jeunes à haute teneur collaborative

Florine Jollivet, responsable de Kpacité La Rochelle

Qui suis-je ?

Je suis née à La Rochelle, j’y habite et j’y suis très attachée. Après une licence de droit – incluant une année en Erasmus à Vilnius en Lituanie – j’ai souhaité faire une pause pour mieux envisager mon avenir professionnel. J’ai alors effectué un service civique au sein de l’association rochelaise Avenir en Héritage (solidarité internationale) dont les actions visent l’autonomie, la responsabilisation et la durabilité des projets. Dans ce cadre, on m’a proposé de réaliser une enquête sur l’ESS à travers le monde sous l’angle des différences de perceptions et du rôle des pouvoirs publics. Après une phase de préparation, je suis donc partie avec mon binôme pour un voyage de 6 mois en Inde, Thaïlande, Equateur, Pérou et Bolivie pour rencontrer des porteurs de projets et échanger avec eux sur leur vision de l’ESS et comprendre leurs motivations. Cela a donné lieu à la rédaction de nombreux articles via un blog dédié.

A mon retour, je me suis inscrite à un Master Entrepreneuriat, Innovation Sociale et Management de Projets au sein de l’Ecole 3A de Lyon. J’y ai trouvé un mode d’enseignement qui me correspondait, avec une approche très transversale des projets. Pendant ces 2 années, je me suis fortement investie dans la vie associative. J’ai également réalisé un stage de 6 mois au sein de l’association Marseille Solutions ainsi qu’une alternance d'un an chez ETIC comme facilitatrice du tiers-lieu Hevea. Parallèlement, j’ai rédigé mon mémoire sur les initiatives citoyennes permettant de donner du sens aux peines de prison et à la notion de justice restaurative, soit le dialogue entre victimes et auteurs d’infractions. A l’issue de mon Master – et malgré plusieurs propositions d’emplois – j’ai souhaité revenir m’installer à La Rochelle pour y développer des projets.

C’est là que j’ai rencontré Laura Ortiz qui travaillait sur l’entrepreneuriat social et qui m’a recruté pour animer une Coopérative Jeunesse de Services (CJS) à l’été 2018. Ce travail au contact de jeunes de 16 à 18 ans a produit un déclic et je me suis rapidement prise au jeu. Cela m’a donné envie de poursuivre cette dynamique en développant des projets toute l’année et non pas simplement sur la période estivale : c’est l’acte de naissance de Kpa-cité !

Construction, développement & projections

Le projet a démarré sans structuration véritable : il a fallu chercher des solutions juridiques, convaincre des financeurs, imaginer un projet adapté au territoire et aux besoins des jeunes avec un cadre plus large que celui d’une CJS, développer une pédagogie adaptée à la mise en place d’activités économiques avec les jeunes, trouver le bon positionnement par rapport aux autres structures jeunesse du territoire… Tout cela a abouti à la création d’une association dont la principale innovation est de proposer un accompagnement par l’entrepreneuriat collectif pour les jeunes associé à une mise en action. Kpa-Cité, c’est en quelque sorte l’école de commerce accessible à toutes et à tous où l’on veut donner les moyens d’apprendre « par le faire ». Et c’est aujourd’hui une équipe de 2 salariées qui accueille régulièrement des services civiques, des stagiaires… et qui accompagne 40 jeunes coopérant-es par an.

Nous avons pour ambition de développer de nouveaux formats, notamment un incubateur (Kpa Incub’) qui pourrait nous permettre d’accompagner des jeunes qui ont des projets (aujourd’hui, nous aidons surtout les jeunes à trouver des idées de projets et à les mettre en œuvre) mais qui n'ont pas les compétences et l'autonomie nécessaires pour les mener à bien. Nous travaillons sur le développement de ce nouveau projet, la création d'outils et à mettre autour de la table les acteurs de l’insertion et du conseil en direction des jeunes.

Cet exemple montre ce que nous avons en tête pour la suite : innover, expérimenter, dupliquer. Nous voulons être un laboratoire au service des jeunes, de leurs envies, de leurs projets.

L'importance des partenariats

Kpa-Cité travaille en étroite collaboration avec de nombreux partenaires de l’éducation populaire, de l’ESS mais aussi avec des entreprises« classiques » dans le cadre des prestations imaginées et proposées par les jeunes. C’est pour cela que nous avons hâte de pouvoir intégrer physiquement un tiers-lieu, pour être au cœur de ces diverses dynamiques qui permettent de donner vie aux projets.

Nous travaillons logiquement avec de nombreux acteurs de la prévention sociale qui sont des relais pour les jeunes que nous accompagnons : l’ADEI, le CCAS, la CAF, la Régie de Quartier Diagonale, le CDIJ… ainsi qu’avec des collectivités : la Ville de La Rochelle (service jeunesse), la Communauté d’Agglomération, la Région Nouvelle-Aquitaine (Politique de la Ville), l’Etat (ANCT) et des fondations comme la Fondation Fiers de nos Quartiers.

Quand aux acteurs de l’écosystème La Proue, ils nous apportent une vision encore plus large et démultiplient le champ des possibles !