Bénédicte Desprez #informationjeunesse

Publié le :
July 31, 2020
Date de l'évènement :

Rencontre avec Bénédicte DESPREZ, notre garante d'une jeunesse éternelle

Bénédicte Desprez, directrice du Centre Départemental d'Information Jeunesse

Qui suis-je ?

Si je suis aujourd'hui responsable d’une structure dédiée à l’information jeunesse, ce n’est peut-être pas un hasard : j’ai moi-même mis du temps avant de trouver ma voie professionnelle !

A la fin de mes études secondaires, je ne savais pas quelle discipline choisir et j’ai expérimenté plusieurs filières : techniques de commercialisation, géographie... avant de passer le concours d’éducatrice spécialisée, sans pour autant avoir le désir d’en faire mon métier.

J’ai ensuite intégré une formation en gestion d’entreprise au sein d’un IUT. J’étais en même temps très attirée par le secteur culturel, notamment par les univers de la danse et du cirque. Et j’ai toujours été très engagée dans le secteur associatif. J’ai donc terminé mon parcours avec une licence pro en management des associations. C’est dans ce cadre que j’ai réalisé un stage au sein du CDIJ de La Rochelle : j’avais pour mission de travailler sur l’engagement des jeunes à travers le montage d’événements.

Après l’obtention de ma licence, j’ai travaillé pour une compagnie de danse implantée dans les Deux-Sèvres. Comme souvent dans les petites structures du secteur culturel, il faut savoir tout faire et cette expérience m’a permis de gagner en autonomie professionnelle. Après trois années de travail intensif, j’ai souhaité changer d’horizon.

J’ai brièvement occupé le poste de directrice de l’Académie de Cuivres et Percussions de Surgères avant de revenir au CDIJ qui cherchait une chargée de mission à mi-temps pour travailler sur les questions de l’informatique et du numérique. Parallèlement, j’occupais un autre mi-temps à la Fabrique du Vélodrome, un lieu culturel rochelais, sur des missions administratives et financières. Lorsque la directrice du CDIJ est partie à la retraite, on m’a proposé le poste de direction et je l’ai accepté. Ce qui représentait un défi non négligeable à ce stade de ma vie professionnelle. Et je n’ai pas été déçue puisqu’il a fallu gérer le déménagement en catastrophe du CDIJ à la suite de l’incendie de l’Hôtel de Ville, une restructuration presque complète de l’équipe et 4 déménagements supplémentaires dans différents locaux municipaux…

Mais la volonté de construire une structure agile capable de répondre toujours plus efficacement à des jeunes désireux de monter des projets engagés et militants a été une motivation constante pour continuer à avancer et à évoluer.

Pour une information jeunesse réinventée

J’ai commencé à m’intéresser à la question des tiers-lieux après des échanges avec un collègue du Centre Régional d’Information Jeunesse qui suivait de près le montage de Cobalt à Poitiers et voyait dans ce projet une perspective intéressante pour l’information jeunesse. Par ailleurs, suite de l’incendie de l’Hôtel de Ville et au déménagement du CDIJ, il a fallu nous questionner sur la visibilité de la structure, sur la façon de reconstruire notre ancrage territorial. Avec le constat que le projet associatif était à revoir sur la méthode et sur le fond.

Le mouvement de l’information jeunesse est né à la fin des années 60. A l’origine, les CDIJ étaient animés par des documentalistes et leur action reposait sur des ressources documentaires de type fiches métiers. Avec le développement d’internet, ces supports sont devenus obsolètes et la fréquentation des points information jeunesse a commencé à diminuer. Alors que dans les faits, les jeunes ont toujours autant besoin d’être informés et accompagnés.

En 2014, nous avons commencé à réfléchir à des solutions pour être plus agiles et mieux accompagner les porteurs de projets en lien avec d’autres structures rochelaises, dont le Collectif Actions Solidaires. Il nous est rapidement apparu nécessaire de se rapprocher de structures extérieures au champ associatif, notamment des entreprises, pour donner une vision concrète du champ professionnel aux jeunes. Nous avons organisé des meet-up (rencontres thématiques régulières) avec des structures diversifiées pour découvrir d’autres façons de faire et réfléchir à de nouvelles interactions. Nous avons notamment rencontré The Roof, les Etablis&Co et le responsable du projet Campus Innov’ porté par La Rochelle Université. Après plusieurs rencontres, la démarche a commencé à s’essouffler faute d’objectif concret, et notamment d’un projet de lieu pour formaliser ce mélange des genres. Nous avons décidé d’avancer de façon plus opérationnelle et c’est à cette période (2016) que nous avons rencontré le Workingshare avec qui nous avons immédiatement constaté une convergence de valeurs et d’objectifs. Aujourd’hui, c’est dans le cadre de La Proue, et en lien étroit avec l’ensemble des autres structures de l’écosystème, que nous avançons dans la définition de ce lieu idéal.

La perspective d’inscrire le CDIJ dans un grand tiers-lieu hybride, en interaction avec des structures diversifiées et complémentaires, nous apparait comme le meilleur moyen d’apporter des réponses concrètes aux questionnements des jeunes que nous accueillons : la mise en relation avec des communautés professionnelles et associatives ne peut que faciliter la définition et la formalisation de leurs projets. Projeter nos activités dans un cadre collectif et collaboratif est une grande source de motivation pour l’équipe du CDIJ, particulièrement enthousiaste à l’idée d’envisager son avenir dans un lieu vivant propice aux échanges avec d’autres communautés, notamment entrepreneuriales, qui ont beaucoup à nous apporter et auxquelles nous pouvons apporter beaucoup.